Interpellations

URGENT: il faut une directive pesticides ambitieuse!

Terminé

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  • Directive Pesticides

Contexte

L'UE s'est dotée d'un paquet pesticides règlementaires: un Règlement sur l'évaluation et l'homologation des pesticides et une Directive sur l'utilisation de ces substances qui est en cours de révision depuis 2 ans. Cette Directive publiée en 2009 était censée obliger les États membres à réduire leur dépendance aux pesticides. Plusieurs évaluations, y compris par la Commission européenne elle-même, montrent que les États membres n'ont pas fixé d'objectifs de réduction des pesticides comme l'exige la loi. Pourtant, la Commission européenne n’a pas engagé de poursuites judiciaires contre eux pour défaut de mise en œuvre.
Début 2021, la Commission européenne lance une consultation publique concernant la révision de cette directive. Un projet ayant fuité en février 2022 témoigne d'un manque d'ambition mais fixe malgré tout certains objectifs au niveau européen qui soulèvent l'ire de certains pays de l'UE et de l'agrochimie. Alors que le projet de la Commission devait être présenté le 23 mars 2022 et que la guerre a éclaté en Ukraine, les lobbies de l'agro-industrie veulent profiter de cette période d'instabilité pour revoir à la baisse les maigres ambitions de la révision!

Objectifs

Maintenir la publication du projet de la Directive pesticides et la rendre plus ambitieuse.

UE - Une douzaine d’États (principalement de l'est) s’inquiètent s’inquiètent en particulier de la méthode définie par la Commission pour fixer des objectifs nationaux de réduction de pesticides, qui ne permettrait pas de prendre en compte les différents points de départ entre les pays. Ils dénoncent aussi la définition des « zones sensibles » où l’usage des pesticides de synthèse serait interdit, jugée inadaptée et trop vague. Pointant un risque de baisse de la production, ils demandent à l’exécutif de revoir sa copie, au nom de la sécurité alimentaire. Cette note fera l’objet d’un débat lors du Conseil Agriculture le 21 mars. La date de présentation du texte de la Commission, prévue le 23 mars, est incertaine.

MAJ le 22 mars suite au Conseil des ministres de l'agriculture et la conférence de presse qui s'en est suivie. La Commission reporte la présentation du projet de règlement sur l’utilisation durable des pesticides

MAJ le 16 juin La présentation de la proposition sera faite le 22 juin
(info Contexte)
consultation sur la directive pesticides
Discussion au Conseil sur la Directive SUD
Report de la publication du projet de Directive par la Commission (reporté sine die)
Interpellation des décideurs européens
Publication du projet de Directive par la Commission (reporté sine die)
Nouvelle interpellation des décideurs
Date précédente
Date suivante

Ce que propose la Commission européenne

De nombreuses ONG dont Générations Futures sont préoccupées par la pression que mettent les lobbies agrochimiques sur l’UE et les stratégies Farm to Fork (F2F), biodiversité ainsi que la Directive pesticides SUD, profitant de l’instabilité actuelle pour revoir à la baisse ces textes.

De nombreuses ONG* dont Générations Futures s’inquiétaient déjà en février 2022 du  manque d’ambition de la proposition sur  » l’utilisation durable des produits phytosanitaires «  que la Commission européenne prévoit de lancer le 23 mars. Étant donné que la directive sur l’utilisation durable des pesticides (SUD) n’a pas réussi à réduire l’utilisation des pesticides dans l’UE, il est grand temps que la Commission présente une proposition qui conduira la transition vers des systèmes alimentaires agroécologiques qui protègent la biodiversité et la santé humaine.

Le modèle agricole actuel, fondé sur l’utilisation intensive de machines, de combustibles fossiles, d’engrais et de pesticides de synthèse, montre aujourd’hui clairement ses limites. Outre ses effets dévastateurs sur l’environnement et la santé, ce modèle a enfermé les agriculteurs européens dans un cercle vicieux de dépenses accrues en pesticides pour compenser la baisse des rendements, sans pour autant garantir des revenus corrects. Les bénéfices économiques de ce modèle sont unilatéraux et reposent entre les mains d’une industrie très concentrée, dont les profits en Europe étaient estimés à 900€ millions en 2017. La même année, les coûts sociétaux ont été estimés à 2,3 milliards d’euros (1).

L’urgence de s’éloigner de l’utilisation des pesticides de synthèse est évidente. Depuis l’adoption de la directive SUD en 2009, les preuves scientifiques des effets négatifs des pesticides, et des cocktails (2) chimiques sur l’ensemble des écosystèmes (3), la biodiversité et la santé humaine se multiplient. Les scientifiques avertissent que la pollution chimique a dépassé les limites de sécurité pour l’humanité, menaçant la stabilité des écosystèmes mondiaux. Ces risques sont aggravés si l’on tient compte des effets de la pollution chimique sur la biodiversité et le changement climatique (4).

Réduire l’utilisation des pesticides et faire la transition vers un système alimentaire sain, durable et sans produits toxiques basé sur l’agroécologie est à la fois possible et nécessaire, comme le démontrent de nombreuses expériences pratiques, pratiques et études (5,6). L’étude de l’INRAE de 2017 montre qu’il est possible de réduire significativement l’utilisation des pesticides sans affecter les performances économiques (7) et productives des exploitations. D’autres recherches de l’Iddri montrent que l’agroécologie peut nourrir sainement les Européens, réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre agricoles, contribuer à restaurer la biodiversité et protéger les ressources naturelles. (8)

Récemment, 1,2 million d’Européens ont signé l’initiative citoyenne Save Bees and Farmers dans laquelle ils demandent une réduction de 80 % des pesticides de synthèse d’ici à 2030, l’élimination progressive des pesticides de synthèse en Europe d’ici à 2035 et un soutien fort aux agriculteurs dans leur transition vers l’agroécologie (9). Des investissements massifs et des changements politiques importants sont nécessaires de toute urgence pour aider les agriculteurs européens à se libérer de l’industrie des pesticides. Nous rappelons également que le Parlement européen  » souligne la nécessité que ces objectifs de réduction aient un caractère contraignant et l’importance de les poursuivre par des approches holistiques, préventives et circulaires telles que les pratiques biologiques et agroécologiques « . Les principes consacrés par l’article 191.2 du traité sur le fonctionnement de l’UE doivent guider la révision de la directive sur l’environnement.

Le projet de proposition de règlement de la Commission sur l’utilisation durable des produits phytopharmaceutiques n’apporte pas les changements nécessaires pour assurer la transition de l’UE vers l’agroécologie, malgré quelques éléments positifs.

Nous saluons la proposition d’un règlement pour remplacer la directive actuelle, qui est essentielle pour parvenir à une mise en œuvre efficace par les États membres. De plus, la proposition d’interdire l’utilisation des pesticides dans les zones utilisées par les groupes vulnérables et dans les zones sensibles, comme les sites Natura 2000, est un pas important dans la bonne direction.

Cependant, de nombreux éléments de la proposition sont inquiétants et n’apportent aucune amélioration à l’échec du SUD. En outre, certains aspects positifs de la législation SUD actuelle, en accord avec la transition agroécologique et les objectifs du Green Deal de l’UE, sont absents du projet de proposition.

 

  1. Bureau d’Analyse Sociétale d’Intérêt Collectif (Basic), Analyse de la création de valeur et des coûts cachés des pesticides de synthèse (2021): lebasic.com/wp-content/uploads/2021/11/BASIC_Etude-Creation-de-Valeur-et-Couts-Societaux-Pesticides_20211125.pdf
  2.  The EU safety assessments for pesticides are based on models rather than real-life studies and do not consider risks of pesticide cocktails and indirect effects in the food web. https://issuu.com/pan-uk/docs/the_cocktail_effect_-_report?fr=sODM1NzExOTMxNQ
  3.  Persson et al. (2022), Outside the Safe Operating Space of the Planetary Boundary for Novel Entities,Environ. Sci. Technol: 10.1021/acs.est.1c04158
  4.  Groh et al. (2022), Anthropogenic Chemicals As Underestimated Drivers of Biodiversity Loss: Scientific and Societal Implications, Environ. Sci. Technol: 10.1021/acs.est.1c08399
  5.  D’Annolfo et al. (2015), A review of social and economic performance of agroecology, International Journal of Agricultural Sustainability: https://www.researchgate.net/publication/283721380_Social_and_economic_performance_of_Agroecology
  6.  van der Ploeg et al. (2019) The economic potential of agroecology: Empirical evidence from Europe. Journal of Rural Studies: https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02625121/
  7.  Lechenet et al. (2017), Reducing pesticide use while preserving crop productivity and profitability on arable farms, Nature plants: https://www.inrae.fr/en/news/reducing-pesticide-use-agriculture-without-lowering-productivity
  8.  Poux et al.(2018), An agroecological Europe in 2050: multifunctional agriculture for healthy eating. Findings from the Ten Years For Agroecology (TYFA). Iddri-AScA: www.iddri.org/sites/default/files/PDF/Publications/Catalogue%20Iddri/Etude/201809-ST0918EN-tyfa.pdf
  9.  https://www.savebeesandfarmers.eu/eng/

Ce que nous voulons

Il est urgent de publier rapidement un règlement sur les pesticides qui fixe des objectifs ambitieux de réduction et de prévoir un indicateur de mesure efficace !

La révision de la réglementation pesticides est un moment législatif important dans le cadre de la “Stratégie de la Ferme à la Fourchette”. Il vise, entre autres, à agir sur  une baisse de 50 % des risques et des utilisations de pesticides, avec un focus sur les produits les plus dangereux (diminution de moitié en volume) d’ici à 2030 tant dans les États qu’au niveau européen. Suite à un premier report en mars, la proposition de révision de la réglementation doit être publiée le 22 juin 2022.

Afin d’alerter sur l’urgence de la situation 24 ONG européennes écrivent à la Commission européenne concernant le règlement SUD (pour Sustainable Use Directive) relatif à l’encadrement de l’utilisation des pesticides au niveau européen et la loi de restauration de la Nature présents dans le paquet européen « protection de la nature ». Générations Futures soutient cette initiative et a écrit ce jour au gouvernement français pour peser de tout son poids dans le but d’obtenir des textes ambitieux en termes de protection de la santé et de la biodiversité.

Nos ONG réaffirment dans ces courriers la nécessité de la publication du paquet pesticide ambitieux à la date prévue, alors que ce texte législatif est une pièce primordiale pour mettre en pratique les objectifs de la stratégie “De la Ferme à la Fourchette”.

Les différentes ONG rappellent les attentes fortes liées à ce texte, notamment : 

  • Fixer comme objectif clair la transition vers des pratiques agroécologiques et un avenir sans pesticides.
  • Fixer des objectifs de réduction d’utilisation et des risques réellement ambitieux et juridiquement contraignants, tant au niveau de l’UE que des États membres, concernant les pesticides de synthèse.

Sur cette question de l’objectif mesurable il y a un sujet majeur dont il faudra tenir compte: le choix de l’indicateur. Dans son effort pour rendre l’objectif de moins 50% mesurable et contraignant, la Commission européenne a proposé l’indicateur de risque harmonisé 1 (HRI 1) pour surveiller sa réalisation. Or cet indicateur actuellement en discussion est très problématique, c’est ce que démontre un rapport publié par nos collègues de Global 2000 Autriche et que nous avons traduit.

Ce que montre le rapport c’est que le HRI 1 discrimine le plus fortement les pesticides utilisés en agriculture biologique. Mais même au sein des pesticides conventionnels, il existe un biais systématique en faveur des plus toxiques, dont la toxicité est systématiquement sous-estimée lorsque le HRI 1 est appliqué. C’est particulièrement vrai pour les insecticides hautement toxiques tels que les pyréthrinoïdes ou les pesticides de type néonicotinoïde, en raison d’une corrélation inverse entre la toxicité des substances actives pesticides et leurs taux d’application par hectare. En raison de la sous-estimation systématique des risques des pesticides de synthèse (tels que les neurotoxines du groupe chimique des néonicotinoïdes, des organophosphorés ou des pyréthrinoïdes) et en même temps de la surestimation exorbitante des risques des substances actives utilisées en agriculture biologique d’origine naturelle, l’application du HRI 1 met en danger d’autres objectifs importants du Green Deal en plus de l’objectif de réduction des pesticides de 50%. Il s’agit notamment de l’inversion du déclin des pollinisateurs et de l’extension de l’agriculture biologique à 25 % de la superficie agricole de l’UE.

Lire le rapport en français et en anglais

Les autres demandes de nos ONG sont:

  • Promouvoir l’application obligatoire et améliorer la définition de la lutte intégrée contre les parasites (IPM), de l’agriculture biologique, des méthodes alternatives non chimiques etc.
  • Exiger que les plans d’action nationaux, rédigés par les États membres, soient examinés et approuvés par la Commission et un groupe composé d’experts indépendants.
  • Exclure l’incitation à l’agriculture de précision et aux techniques d’ingénierie génétique.
  • Interdire l’utilisation de pratiques hautement nuisibles, telles que la pulvérisation aérienne, l’enrobage des semences, l‘utilisation de drones, l’utilisation de pesticides de synthèse dans les zones proches de populations. 
  • Garantir l’accès du public à des statistiques adéquates sur les pesticides afin de surveiller leur utilisation et de mesurer efficacement les progrès réalisés dans la poursuite des objectifs contraignants.
  • Mesurer efficacement les progrès réalisés grâce à des indicateurs environnementaux harmonisés et efficaces.
  • S’assurer que le budget de la Politique Agricole Commune est utilisé pour conduire la transition vers l’agroécologie.

Lors du conseil agriculture et pêche du lundi 13 juin, 10 pays ont lancé un appel pour réduire les objectifs du futur règlement. Les 27 ont soutenu cette requête. La France est restée discrète du fait de la neutralité qui lui incombe avec la Présidence française de l’UE. Les deux commissaires européens, Kyriakides et  Wojciechowski, ont insisté sur la prise en compte des réalités de chacun des États membres en promouvant une approche équitable et équilibrée selon les situations respectives. Bien heureusement, Stella Kyriakides, Commissaire européenne à la santé et à la politique des consommateurs, a maintenu ses positions sur la nécessité de produire un texte avec des objectifs rigoureux afin d’avancer vers une transition agricole et écologique. Elle a affirmé que « nous devons mettre fin à l’utilisation excessive des pesticides« .

Lors d’une séance en plénière au parlement européen le 6 juin 2022, les députés européens avaient déjà pu échanger avec Stella Kyriakides sur la réduction de l’utilisation des pesticides et le renforcement de la protection des consommateurs. Différents députés comme Benoît Biteau, Anja Hazekamp, Claude Gruffat ou Maria Arena ont défendu une approche contrôlée des pesticides et ont rappelé les conséquences de leur utilisation et les alternatives existantes. Sensible à ce discours, Stella Kyriakides a réutilisé ces arguments pour répondre aux députés sceptiques d’avancer vers une transition agricole.

Les objectifs de réduction des pesticides sont actuellement fortement attaqués par les lobbies agroalimentaires. La guerre en Ukraine devient un instrument de leur stratégie comme le rappellent un ensemble d’ONG qui dénoncent les idées reçues sur la production et la souveraineté alimentaire liées au contexte ukrainien. La transition agricole ne doit pas attendre et des textes forts doivent être proposés dès maintenant pour pouvoir avancer vers une agriculture durable. Seul ce modèle permettra de nourrir sainement les populations, de préserver leur santé, l’environnement et la biodiversité. Il y a urgence, et l’UE ne doit pas céder à la pression exercée par des intérêts économiques privés et court-termistes.

Retrouvez la lettre des ONG européennes signée par

Agroecology Europe, Beelife, Birdlife, ClientEarth, Corporate Europe Observatory, Euro Coop, European Agroforestry Federation (EURAF), European Coordination La Via Campesina (ECVC), European Environmental Bureau (EEB), European Federation of Trade Unions in the Food, Agriculture and Tourism (EFFAT), Fair Trade Advocacy Office (FTAO), Feedback Europe, Foodwatch, Friends of the Earth Europe, Greenpeace, Health and Environment Alliance (HEAL), IFOAM Organics Europe, Justice Pesticides, Oceana, PAN Europe, Seas at Risk, Slow Food, The Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP), Urgenci International Network of Community Supported Agriculture

  • Il est urgent de publier rapidement un règlement sur les pesticides qui fixe des objectifs ambitieux de réduction et de prévoir un indicateur de mesure efficace !

    La révision de la réglementation pesticides est un moment législatif important dans le cadre de la “Stratégie de la Ferme à la Fourchette”. Il vise, entre autres, à agir sur  une baisse de 50 % des risques et des utilisations de pesticides, avec un focus sur les produits les plus dangereux (diminution de moitié en volume) d’ici à 2030 tant dans les États qu’au niveau européen. Suite à un premier report en mars, la proposition de révision de la réglementation doit être publiée le 22 juin 2022.

    Afin d’alerter sur l’urgence de la situation 24 ONG européennes écrivent à la Commission européenne concernant le règlement SUD (pour Sustainable Use Directive) relatif à l’encadrement de l’utilisation des pesticides au niveau européen et la loi de restauration de la Nature présents dans le paquet européen « protection de la nature ». Générations Futures soutient cette initiative et a écrit ce jour au gouvernement français pour peser de tout son poids dans le but d’obtenir des textes ambitieux en termes de protection de la santé et de la biodiversité.

    Nos ONG réaffirment dans ces courriers la nécessité de la publication du paquet pesticide ambitieux à la date prévue, alors que ce texte législatif est une pièce primordiale pour mettre en pratique les objectifs de la stratégie “De la Ferme à la Fourchette”.

    Les différentes ONG rappellent les attentes fortes liées à ce texte, notamment : 

    • Fixer comme objectif clair la transition vers des pratiques agroécologiques et un avenir sans pesticides.
    • Fixer des objectifs de réduction d’utilisation et des risques réellement ambitieux et juridiquement contraignants, tant au niveau de l’UE que des États membres, concernant les pesticides de synthèse.

    Sur cette question de l’objectif mesurable il y a un sujet majeur dont il faudra tenir compte: le choix de l’indicateur. Dans son effort pour rendre l’objectif de moins 50% mesurable et contraignant, la Commission européenne a proposé l’indicateur de risque harmonisé 1 (HRI 1) pour surveiller sa réalisation. Or cet indicateur actuellement en discussion est très problématique, c’est ce que démontre un rapport publié par nos collègues de Global 2000 Autriche et que nous avons traduit.

    Ce que montre le rapport c’est que le HRI 1 discrimine le plus fortement les pesticides utilisés en agriculture biologique. Mais même au sein des pesticides conventionnels, il existe un biais systématique en faveur des plus toxiques, dont la toxicité est systématiquement sous-estimée lorsque le HRI 1 est appliqué. C’est particulièrement vrai pour les insecticides hautement toxiques tels que les pyréthrinoïdes ou les pesticides de type néonicotinoïde, en raison d’une corrélation inverse entre la toxicité des substances actives pesticides et leurs taux d’application par hectare. En raison de la sous-estimation systématique des risques des pesticides de synthèse (tels que les neurotoxines du groupe chimique des néonicotinoïdes, des organophosphorés ou des pyréthrinoïdes) et en même temps de la surestimation exorbitante des risques des substances actives utilisées en agriculture biologique d’origine naturelle, l’application du HRI 1 met en danger d’autres objectifs importants du Green Deal en plus de l’objectif de réduction des pesticides de 50%. Il s’agit notamment de l’inversion du déclin des pollinisateurs et de l’extension de l’agriculture biologique à 25 % de la superficie agricole de l’UE.

    Lire le rapport en français et en anglais

    Les autres demandes de nos ONG sont:

    • Promouvoir l’application obligatoire et améliorer la définition de la lutte intégrée contre les parasites (IPM), de l’agriculture biologique, des méthodes alternatives non chimiques etc.
    • Exiger que les plans d’action nationaux, rédigés par les États membres, soient examinés et approuvés par la Commission et un groupe composé d’experts indépendants.
    • Exclure l’incitation à l’agriculture de précision et aux techniques d’ingénierie génétique.
    • Interdire l’utilisation de pratiques hautement nuisibles, telles que la pulvérisation aérienne, l’enrobage des semences, l‘utilisation de drones, l’utilisation de pesticides de synthèse dans les zones proches de populations. 
    • Garantir l’accès du public à des statistiques adéquates sur les pesticides afin de surveiller leur utilisation et de mesurer efficacement les progrès réalisés dans la poursuite des objectifs contraignants.
    • Mesurer efficacement les progrès réalisés grâce à des indicateurs environnementaux harmonisés et efficaces.
    • S’assurer que le budget de la Politique Agricole Commune est utilisé pour conduire la transition vers l’agroécologie.

    Lors du conseil agriculture et pêche du lundi 13 juin, 10 pays ont lancé un appel pour réduire les objectifs du futur règlement. Les 27 ont soutenu cette requête. La France est restée discrète du fait de la neutralité qui lui incombe avec la Présidence française de l’UE. Les deux commissaires européens, Kyriakides et  Wojciechowski, ont insisté sur la prise en compte des réalités de chacun des États membres en promouvant une approche équitable et équilibrée selon les situations respectives. Bien heureusement, Stella Kyriakides, Commissaire européenne à la santé et à la politique des consommateurs, a maintenu ses positions sur la nécessité de produire un texte avec des objectifs rigoureux afin d’avancer vers une transition agricole et écologique. Elle a affirmé que « nous devons mettre fin à l’utilisation excessive des pesticides« .

    Lors d’une séance en plénière au parlement européen le 6 juin 2022, les députés européens avaient déjà pu échanger avec Stella Kyriakides sur la réduction de l’utilisation des pesticides et le renforcement de la protection des consommateurs. Différents députés comme Benoît Biteau, Anja Hazekamp, Claude Gruffat ou Maria Arena ont défendu une approche contrôlée des pesticides et ont rappelé les conséquences de leur utilisation et les alternatives existantes. Sensible à ce discours, Stella Kyriakides a réutilisé ces arguments pour répondre aux députés sceptiques d’avancer vers une transition agricole.

    Les objectifs de réduction des pesticides sont actuellement fortement attaqués par les lobbies agroalimentaires. La guerre en Ukraine devient un instrument de leur stratégie comme le rappellent un ensemble d’ONG qui dénoncent les idées reçues sur la production et la souveraineté alimentaire liées au contexte ukrainien. La transition agricole ne doit pas attendre et des textes forts doivent être proposés dès maintenant pour pouvoir avancer vers une agriculture durable. Seul ce modèle permettra de nourrir sainement les populations, de préserver leur santé, l’environnement et la biodiversité. Il y a urgence, et l’UE ne doit pas céder à la pression exercée par des intérêts économiques privés et court-termistes.

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    Agroecology Europe, Beelife, Birdlife, ClientEarth, Corporate Europe Observatory, Euro Coop, European Agroforestry Federation (EURAF), European Coordination La Via Campesina (ECVC), European Environmental Bureau (EEB), European Federation of Trade Unions in the Food, Agriculture and Tourism (EFFAT), Fair Trade Advocacy Office (FTAO), Feedback Europe, Foodwatch, Friends of the Earth Europe, Greenpeace, Health and Environment Alliance (HEAL), IFOAM Organics Europe, Justice Pesticides, Oceana, PAN Europe, Seas at Risk, Slow Food, The Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP), Urgenci International Network of Community Supported Agriculture

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